Mitch au boulot

Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 14:50

Le directeur général arrive.
Je l'observe depuis mon bureau à l'accueil.
Au départ c'est le directeur que je préférais : rigolo, lunettes au nez, petit sourire aux lèvres.
Et puis de temps en temps quittant l'entreprise pour revenir avec une boîte ronde de bonbons Haribo achetés au supermarché du coin. Il me tendait la boîte et me disait : "un bonbon, mademoiselle ?".

Entre-temps j'ai discuté avec une assistante de direction, qui m'a certifié que ce directeur-là était celui qu'il fallait le plus craindre : "Un jour, il a même fait pleurer l'autre standardiste. Il l'a engueulée devant tout le monde, elle a fondu en larmes ! Non, vraiment, c'est le pire de tous !"

Depuis ces révélations, je reste quelque peu sur mes gardes. Je le salue comme il se doit, tout en gardant un zeste de prudence en poche, au cas où il attaquerait.

Aujourd'hui, donc, je le vois arriver.
Il entre, me fixe comme à son habitude, me serre la main et me dis : "Alors comme ça vous nous quittez ?"

 

Il me dit toute sa déception de me voir partir puis :
"Vous viendrez dans mon bureau cet après-midi".

"D'accord", je réponds, sans comprendre ce qu'il me veut.

Cinq minutes plus tard, il m'appelle :

"Mitch, venez tout de suite dans mon bureau".

Je monte, ne sachant que penser. Que me veut-il au juste?

"Entrez et fermez la porte. Asseyez-vous, enfin assieds-toi.".

 

Et voilà toute l'affaire.

"J'ai vu ton CV, qui est très impressionnant.

Il se trouve qu'un poste se libère dans le Nord. Es-tu intéressée ?"

A vrai dire, c'est toujours un poste de standardiste, mais apparemment avec des compétences élargies.
"On a parfois des pépites dans notre entourage et on ne s'en rend pas toujours compte", me souffle-t-il.
"M. N (autre directeur) est content de vous et trouve que vous rédigez très bien les courriers. L'accueil est excellent."
Je lui demande si le poste sera "évolutif".
"Non, a priori il n'est pas évolutif. Mais si on veut tous les postes le sont. Vous pouvez très bien partir de très bas et arriver tout en haut".

Tous ces propos me font du bien : comme ces fois où on a l'impression, l'espace de quelques secondes, que l'espace s'ouvre à nous, qu'un immense champ de possibilités et de promesses fait jour. Je vais réussir. Je suis reconnue. Désirée. On a envie que je reste. Je suis compétente. Je vaux quelque chose.

Et me voilà donc, l'espace de quelques instants, envahie par un sentiment de pure satisfaction.

Bien sûr, le poste est trop loin de là où j'habiterai, ce serait une fois de plus pour faire du standard, pour s'ennuyer ferme peut-être encore. Mais en tout cas, même si ça ne mène finalement à rien, cette petite discussion m'a fait du bien. C'est déjà beaucoup.

 

Par Mitchelle - Publié dans : Mitch au boulot
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 13:27
Tout le monde tremble et se tient droit.
Têtes hautes. 
Rangs serrés, depuis l'accueil au rez-de-chaussée jusqu'au 2e étage.
Dès que son pied foule notre sol, nous entonnons le chant d'honneur :

"PDG tout-puissant
Nous levons vers vous
Nos mains notre coeur
Toujours opérationnels 
Toujours dévoués
Depuis l'aube jusqu'au soir
PDG notre gloire".

Le PDG nous inspecte un par un.
Langue, épaules, doigts.
Tout doit être nickel.

L'homme est très grand. Il n'a pas d'ordinateur, juste un téléphone portable hyper performant.
Il est accompagné de tous les directeurs de la boîte : Jean-Marie -distribue des bonbons-, Bernard -petit, frisé, râleur, nerfs à vif-, le ténébreux Christian -élégant et extra-, enfin André le blond, plus déconneur qu'il n'en a l'air. 

Le PDG est le plus grand de tous. 
Devant lui chacun se prosterne.
Il est à la tête de 35 millions d'euros.
Voyage exclusivement en classe affaires.
Mange dans les meilleurs restaurants.
Applique ses sentences partout où il passe.
Porte toujours le même costume : bleu marine sur bleu ciel. Une cravate, des chaussures noires. Lunettes de soleil. 

Le PDG est un homme absolument maniaque. 

Un homme hors du commun : pour cela nous l'acclamons.
Nous sommes ses enfants, ses esclaves.
Ses hommes.   

Par Mitchelle - Publié dans : Mitch au boulot
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 17:59
Je m'occupe tous les soirs d'affranchir le courrier puis d'aller le déposer à la poste.
Courriers ordinaires, recommandés, chronoposts.
Aujourd'hui comme tous les jours, quelques minutes avant de partir à la poste (en tout cas la dernière demi-heure), tout le monde m'amène son courrier. C'est du dernière minute. Je dois l'affranchir en vitesse et partir avant 17h00.

Entre-deux le téléphone sonne, des gens arrivent. Il faut tout gérer à la fois.

Je pars chargée à la Poste. Le sac est très lourd. D'habitude quelqu'un m'accompagne quand je suis trop chargée, mais la personne est en vacances, alors je me débrouille.

Arrivée au bureau de Poste je glisse les enveloppes dans les urnes, je fais cacheter les recommandés, enregistrer les chronos. Enfin je suis délestée.

Je rentre à l'entreprise reprendre le standard.

Arrive la petite mince que j'ai passé tout l'après-midi à maudire parce qu'elle refuse de me rendre le moindre service et qu'elle pourrait s'appeler "Professionalisme" vidé de toute tendresse. Sèche, raide, sous ses airs de douce, stressée, sûrement, égoïste, peut-être.

Elle m'énerve tout simplement. Je l'aurais voulue maternelle, gentille, solidaire, aimable, rassurante. Tout l'inverse. Elle n'est pas là pour ça, peut-être.

Arrive donc la petite mince que j'ai passé l'après-midi à maudire.
Dans ma tête je l'ai même traitée, à un moment, de grosse conne. C'est pour dire.

Elle me dit : "Je vais récupérer mon chrono" (c'est le reçu qu'on garde après avoir donné le chrono à la poste).

Et là trou noir. De quel chrono parle-t-elle ?

Je ne me souviens pas du tout avoir donné son chrono au gars de la poste.
Elle commence à voir rouge : "C'est un chrono super important en plus ! Qu'est-ce que tu en as fait ?"
D'un coup elle me communique tout son stresse. Elle répète : "C'était un chrono hyper important, il faut à tout prix qu'il arrive demain."
Je lui dis : "Peut-être que je me suis trompée, que je l'ai mis avec les courriers ordinaires"
Elle : "Il faut que tu retournes à la poste, que tu leur demandes, c'est urgent, dépasse tout le monde s'il le faut"
La poste bien sûr à cette heure-là est déjà fermée.
Je cours quand même.
La porte est close.
Cependant j'entends encore les employés s'activer à l'intérieur.
Je frappe.
Je crie.
Je frappe encore contre la porte.
Personne ne réagit.
Je frappe encore.
Rien.
Je suis désespérée.
Il ne se passera rien, je vais revenir bredouille, c'est sûr.

Au bout d'un moment je finis par rentrer.
Quelques instants plus tard arrivent le PDG et le directeur financier. Ce dernier me reproche d'avoir quitté mon poste trop longtemps : le téléphone n'arrêtait pas de sonner dans les étages.
Puis arrive la femme petite et mince.
Quand je lui apprends que la poste ne m'a pas ouvert, elle décide de partir elle-même.
Elle rentre bredouille.
Les joues écarlate. En colère.
Ils lui ont ouvert tellement elle s"'acharnait sur la porte. mais ils n'ont pas trouvé son chrono.

"Qu'est-ce que tu as fait de mon chrono ? Tu l'as affranchi ? Tu l'as perdu ????
Elle se met à fouiller partout, en rage autour de mon bureau, dans la pièce de la photocopieuse.
Et là elle le voit : il est posé sur la photocopieuse. Je l'ai oublié, laissé là.

Elle est furieuse. Elle ne me regarde même pas. Elle part à l'étage, en rage, tel un ouragan jetant des flammes rouges alentour.

Oublier un chrono. Ca arrive n'est-ce pas ?
Mais là, pendant quelques minutes, j'ai comme senti ma vie basculer.
Je me suis vue faire une faute professionnelle, faire crouler la boîte pour cet oubli, me faire tabasser par le directeur financier, être montrée du doigt et jetée à la porte, haïe, fautive, incapable.

La femme mince et petite est remontée dans les étages.
Je ne l'ai pas encore recroisée.
Je ne sais pas si elle m'adressera encore la parole. Elle m'en veut c'est évident.
Je ne sais plus à quel point je suis étourdie, à quel point faire des erreurs est normal, humain, à quel point je suis à la hauteur ou complètement nulle.

Je ne sais plus où j'en suis.
Je sais seulement que là, pendant quelques minutes, j'ai vécu un très mauvais moment.


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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 09:59
Le PDG est passé à l'accueil ce matin.
Je ne sais plus où j'ai lu que ces gens-là aussi ont besoin de se confier. Ils travaillent beaucoup, gèrent seuls leurs nombreuses responsabilités. Alors parfois il faut que ça sorte, d'un coup, vlan, qu'ils se confient : là, ce qu'il y a au fond d'eux.

Les jeunes buvaient de l'alcool, affalés sur le banc...

Le PDG est passé à l'accueil ce matin.
Il a fait un tour, avant de déclarer : "Ah ils sont beaux les jeunes !"
Je me suis tournée vers lui : regardé dans la direction qu'il indiquait : aperçu trois jeunes assis sur un banc, vêtus de treillis, torses nus, coiffés punk et buvant au goulot de l'alcool.

"Ah ils sont beaux les jeunes !" a répété le PDG, l'air décontenancé.

Sur le coup j'ai pensé : ils existent à ses yeux puisqu'il les regarde. Et même peut-être il les considère un moment et se met à leur place, enfin quelque chose comme ça.

Puis le PDG a ajouté:  "Ils commencent bien la vie, les jeunes... Au lieu de penser à leur carrière... J'ai un petit-neveu qui est un peu comme eux... Enfin heureusement il travaille... Mais de voir des gens comme ça ça me fout les boules.."

J'ai pensé alors aux propos d'Alain Juppé dans le JDD d'il y a deux semaines, des propos à peu près dans ce style :
"Je rêve d'avoir un yacht, mais quand je vois les gens qui en possèdent un, je comprends pourquoi je n'en ai pas et c'est très bien comme ça".

Alors certes, je m'imagine parfois à la tête d'une grande entreprise, mais quand j'entends les propos de certains PDG qui pensent instinctivement "carrière" à tout bout de champ, je comprends pourquoi je ne suis pas de ceux-là.
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 17:25
La vieille fille mince qui a épousé le longiligne

Une vieille fille mince et petite à forte poitrine s'est enfin casée avec un grand maigre brun prénommé Philippe.
Elle me dit hier : "Le PDG tu ne dois pas le craindre : tu dois avoir un fort caractère et le regarder droit dans les yeux". Je n'y suis pourtant toujours pas parvenue. Ce gars m'effraie.
 
La vieille fille et son nouveau mari ont tous les deux de toutes petites fesses plates. 

Le PDG m'effraie : j'en rêve même la nuit...

Mais assez parlé de sexe. Arrive le PDG. Grand, bel homme, yeux bleus, droit comme un piquet, exigeant, maniaque. Quand je le vois je me raidis. Je crains cet homme qui appartient au monde des 1ères classes et classes affaires, haute bourgeoisie, horde des hautains. Il serre toujours la main mollement : paraît qu'il a peur d'attraper une maladie. Depuis qu'il m'a parlé comme à une merde, la dernière fois, j'ai peur de lui. Parce que s'il me parle encore une seule fois comme ça j'éclate en sanglots. 

La nuit parfois en ce moment il m'arrive de rêver de ce PDG. Je rêve de lui à la place de mon père, qui sûrement lui ressemble par son côté autoritaire et charismatique. Ces gars m'effraient.  

La fragile Julie Gimini

Derrière le PDG se cache Julie Gimini : petite, douce, cheveux au carré. Mais exigeante. De toute façon ils ont l'air tous exigeants et travailleurs dans cette boîte. Des studieux. Par contre Julie Gimini m'inquiète : elle est déjà toute mince et elle mange du Weight Watchers. L'abus de sérieux n'est pourtant pas bon pour la santé. Franchement elle doit peser à peine 45 kilos. J'espère qu'elle ne couve pas un désaxement mental à force de travailler ici, de 8h à 20h, tous les jours. 

Ingénieur : un boulot qui fait rêver ?

Car tel est le sort des ingénieurs : répondre aux appels d'offres, étudier devis et propositions de prix, gérer des chantiers. Est-ce un boulot passionnant ? 

Un boulot, en tout cas, qui demande travail, sérieux, concentration. Qui paie, sûrement. Mais qui met la pression -un petit jeune de 25 ans a démissionné la semaine dernière justement à cause de ce trop plein de pression-. 

Mon sex-symbol dans la boîte  

Alors, derrière mon bureau, à l'accueil, tous les jours, je profite des bons moments : le passage de mon sex symbol de la boîte, Jean Bardy. Yeux bleus, démarche de cow-boy, cheveux poivre et sel en brosse, jean et poignée de main franche et nette. S'il me prend derrière le bureau je le laisserai faire. Je lui ai jamais parlé plus qu'un "salut, ça va?" mais ce gars suffit à me faire kiffer.

Le bras-droit du PDG : mon père adoptif

Ensuite il y a le bras droit du PDG. Poignée de main franche. Respectueux et très charismatique. Le genre de gars que j'apprécie énormément. Il a du pouvoir, mais il n'ignore pas pour autant les "petits". Et même la dernière fois il m'a demandé de rédiger un courrier pour sa pomme. J'étais fière, d'avoir enfin quelque chose à faire, et quelque chose qui a un soupçon de valeur. Je vois bien que j'existe aux yeux de cet homme, et ça c'est primordial. Il connaît mon prénom, il me salue, il me remarque quand nous sommes à la même terrasse de restaurant. Oui, j'existe pour lui.

A la poste : entre garce et pervers

A part ça je vais à la poste.
A la poste, je donne les recommandés à une petite garce rapide, directe et méchante aux mains noires. Elle commence à m'apprécier depuis que je suis une habituée. Mais au départ elle était sèche et méchante.
A côté d'elle, le barbu du guichet des chronoposts. Mains et bras très poilus, ventre bedonné, regard de pervers. Ce gars ne me plaît pas du tout. En plus il est très très lent pour enregistrer les chronos, il me dégoûte. 

Retour à la réalité oblige...

Mais bon, au final, tout ça ce ne sont que des impressions. Des impressions chevauchées, prises à la va-vite, comme dans un coup de vent. Pour dire quelque chose de cette entreprise où je passe mes journées, mon été. J'en reste donc aux impressions, puisque nous n'avons pas même une seconde pour lier connaissance. Nous échangeons regards, poignées de mains et salutations. C'en reste là. Dommage : au choix je déjeunerais bien avec le sex-symbol et surtout avec le bras droit du PDG. Mais bon, le rêve offre aux consciences toutes les possibilités, la réalité pour sa part est toute autre...    
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 16:21
Eh oui, c'est peut-être pas grand chose, mais je ne suis qu'une petite standardiste et aujourd'hui l'un des directeurs de la boîte est venu me confier la rédaction d'un courrier important. Il me parle bien, me fait confiance, tout a l'air si naturel pour lui.

De quoi me faire immensément plaisir. Mais alors, immensément plaisir.

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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 17:11
Dans ma nouvelle entreprise je repère les gens.
Le PDG, qui hier me semblait sympathique, vient de me montrer en plein jour son côté maniaque du rangement et de la propreté : "Si demain vous revoyez les petits jeunes ouvriers qui travaillent sur le chantier derrière, vous leur direz d'enlever leurs chaussures avant d'entrer, ils ont tout dégueulassé et je ne sais même pas ce qu'ils sont venus faire ici." m'a-t-il dit d'un ton sec puis "Vous appellerez M. Untel pour lui dire d'enlever les plots qui sont devant". Il est grand brun aux yeux bleus et je sens à plein nez le pouvoir dans sa voix.
Ensuite il y a ceux que je ne comprends pas : je leur demande leur nom et ils me répondent en le mâchant d'une façon franchement chiante et désagréable.
J'ai pu voir aussi des jeunes femmes qui pourraient très bien être mes copines. Mais bon, pour le moment nos rapports sont strictement professionnels. Bizarrement j'ai remarqué que, comme beaucoup d'autres, elles me tutoyaient sans m'en avoir demandé la permission. Ma jeunesse?  Mon statut ?

Enfin il y a les séduisants, ceux qui se la pètent "Je suis le directeur gnagnagna" autosatisfaits, ceux qui m'ignorent, ceux qui viennent se présenter, les désagréables, les ronflards et les gentils.
Bref, la société humaine sur une petite échelle, chacun à son poste, pour faire tourner la machine.
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 10:35
















Je suis le visage de mon entreprise.
Ce qu'on voit en premier; mis à nu : ça frappe illico. Sourire. "Mitch j'écooouuute ?".

La boîte crânienne est répartie dans les étages, moi je ne suis que la standardiste, en bas, à l'accueil.
Je réponds aux appels, mon téléphone souffre d'une acné post-opératoire catastrophique.
Entre 13h30 et 17h, je gère parfois 15 appels la minute.

Il faut trier les vrais, les faux appels. Sourire toujours. Rester zen quand trois lignes sonnent en même temps.
Affranchir le courrier. Transférer les mails et les fax aux personnes concernées. Sourire encore.

Les tâches ne sont pas très variées. Répondre au téléphone et affranchir les courriers me prend déjà 95% de mon temps : impossible, dans tous les cas, d'effectuer beaucoup d'autres tâches à côté.

Mon fauteuil est confortable, les locaux presque luxueux, j'ai de quoi m'étaler, un ordi, bref je suis comme une petite reine calée dans sa fonction. 

Je suis partie pour une semaine d'essai. Si c'est concluant, je signerai sur trois mois d'intérim. Puis pour une embauche. L'extase. 

Conversation avec l'une des employées :
Moi : "Vous êtes d'origine italienne ?"
Elle : "Ah, vous avez remarqué ?"
"Oui, j'ai passé un an en Italie !"
"Ah oui, dans quel cadre ?"
"J'ai fait ma maîtrise de philosophie là-bas"
"Ah bon ? Et vous voulez être standardiste ?"

Mes diplômes ne sont pas inscrits sur mon visage. Je suis Mitch la standardiste. Et pourtant. Si je précise que j'ai des diplômes, instantanément l'attitude change. Surprise, respect, intérêt. Quelques traînées de poudre sur le passage disent : "Ton boulot n'est pas-considéré-socialement-tu-es-moins-capable-aux-yeux-des-autres".     
Par Mitchelle - Publié dans : Mitch au boulot
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